Du Moyen-Âge (Lux alterna grégorien) à l’évocation de la nuit éternelle des espaces interstellaires (Stars d’Eriks Esenvalds), de l’Italie de Monteverdi (Vanne Orfeo) à la Norvège de Grieg (Velsignede Morgen de Peer Gynt), la Maîtrise de Sainte-Croix de Neuilly trace un chemin à travers clarté et obscurité : lumière divine de la création du monde (Schöpfnung de Haydn) pureté des voix de garçons (O sacrum convivium de Messiaen) célébrant la blancheur immaculée de la rédemption et la sombre évocation des ténèbres à la mort (Eli, Eli de György Deák-Bardos).
Thème central de ce programme, la venue du soir et la tombée de la nuit (In stiller Nacht de Brahms ou Calme des nuits de Saint-Saëns) tout en clair-obscur, évoquent l’automne de la vie, les regrets et les derniers espoirs d’une jeunesse à jamais perdue. Les subtiles harmonies de Francis Poulenc « Un visage à la fin du jour » (Belle et ressemblante) ou de Mendelssohn « Sende hein Licht » (Envoie-nous ta lumière » Richte Mich Gott) et l’éclatant envol du soleil dans le ciel des Incas (Brillant Soleil des Indes Galantes de Rameau) viendront ciseler l’impossible réunion du crépuscule et du midi, au terme d’un voyage vocal riche en contrastes et en subtilité.
Pour souligner de façon spectaculaire le déroulement argumentaire du concert, certaines structures scéniques permettront au public de s’immerger de manière inclusive au cœur même du dispositif sonore, et partager ainsi, par une expérience personnelle unique, l’inspiration même des compositeurs et des interprètes.