Dans l’exposition Au contact des éléments, Camila Eslava propose une œuvre profondément sensorielle où le dessin devient une manière d’entrer en relation avec le monde. Ses lignes, parfois répétitives, parfois interrompues par des ruptures soudaines, évoquent des traces, des vibrations ou des mouvements invisibles qui traversent les paysages intérieurs et extérieurs.
Le travail de l’artiste s’apparente à une forme de sismographie des émotions. Chaque trait enregistre une sensation, une respiration ou un changement d’énergie. Le dessin ne cherche pas à représenter la nature mais à traduire les dynamiques qui la composent : flux, densités, rythmes et forces vitales.
Dans cette démarche, Camila Eslava développe un langage visuel organique où se mêlent les éléments naturels — eau, air, terre, chaleur, forêt ou condition animale. L’artiste s’appuie sur une pratique contemplative proche de la méditation, laissant émerger les formes à partir des sensations qu’elle perçoit dans son environnement.
Les œuvres se construisent ainsi dans une tension entre répétition et transformation. Les lignes se répètent, se superposent, puis soudain se brisent, ouvrant vers de nouveaux univers visuels. Chaque dessin devient le point de départ du suivant, formant progressivement un parcours introspectif où les œuvres dialoguent entre elles.
Plus récemment, la pratique de Camila Eslava s’est enrichie d’une dimension cosmique. L’artiste évoque le lien intime qu’elle ressent avec les astres, perçus comme une forme d’ancêtres symboliques. Dans cette perspective, l’aléatoire joue un rôle de plus en plus important : les formes apparaissent comme le résultat d’élans spontanés, proches des processus naturels qui gouvernent l’univers.
À travers cette exposition, l’artiste invite les visiteurs à ralentir le regard et à observer les détails. Le dessin devient alors un espace de résonance intérieure où chacun peut se reconnecter à ses propres sensations et à son appartenance au monde vivant.