Association Esthétique de l’Est 法国东方美学协会

Exposition gratuite : Déportés, j’avais ton âge

Le 02/03/2026

Dans Loisirs à Paris

À la Caserne Napoléon, l’exposition « Déportés, j’avais ton âge : une histoire européenne » propose une rencontre sensible entre générations. À travers portraits photographiques et récits de survivants, elle interroge la transmission de la mémoire des camps de déportation à un moment où les derniers témoins disparaissent.

Lieu : Caserne Napoléon, Rue de Lobau, 75004 Paris
Dates : Du 27 février au 31 mars 2026
Entrée libre & Exposition couverte

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Près de quatre-vingts ans après la libération des camps, la question de la transmission devient centrale. Alors que les voix des rescapés s’éteignent progressivement, l’exposition Déportés, j’avais ton âge : une histoire européenne propose une approche à la fois historique et profondément humaine de la mémoire de la déportation.

Issue du livre J’avais 13 ans à Auschwitz, publié aux éditions de La Marinière, l’exposition réunit plus de trente portraits et témoignages de survivants européens. Chaque récit met en lumière une expérience individuelle, inscrite dans l’histoire collective du XXe siècle. Mais le projet dépasse le simple cadre documentaire : il cherche à créer un dialogue direct entre générations.

Pour cela, les survivants sont photographiés aux côtés de jeunes ayant l’âge qu’ils avaient lorsqu’ils ont été déportés. Ce dispositif visuel produit un effet saisissant. Le temps se contracte, les distances historiques s’estompent, et le spectateur est confronté à une réalité humaine tangible. L’enfance et l’adolescence, souvent associées à l’insouciance, apparaissent ici brutalement confrontées à la violence de l’Histoire.

L’exposition ne se limite pas à l’évocation de la souffrance. Elle interroge également ce qui fonde la dignité humaine et les valeurs démocratiques. À travers les récits recueillis, il s’agit de réfléchir à la manière dont une idéologie déshumanisante a pu s’imposer, et de rappeler l’importance de la vigilance citoyenne. La photographie joue un rôle essentiel dans ce processus : elle crée une proximité émotionnelle qui permet de saisir la portée universelle de ces histoires.

Conçu comme un projet européen, intergénérationnel et interculturel, l’ensemble s’inscrit dans une démarche de devoir de mémoire. Les témoignages individuels deviennent autant de points d’entrée vers une réflexion collective sur la transmission, la responsabilité et la construction d’une conscience historique partagée.

Un cahier pédagogique élaboré par le Mémorial de la Shoah accompagne également le projet. Il apporte des repères historiques essentiels pour contextualiser les récits et approfondir la compréhension des événements évoqués.

En rassemblant images, paroles et regards contemporains, l’exposition propose une expérience à la fois pédagogique et émotionnelle. Elle rappelle que la mémoire n’est pas figée : elle se construit dans le dialogue, dans l’écoute et dans la capacité à transmettre aux générations suivantes.