Résonances contemporaines
L’exposition ne se limite pas à une rétrospective. Il présente près de trente années de création du peintre et sculpteur Olle Bærtling (1911-1981), figure iconique de l’abstraction, en dialogue avec les œuvres de sept artistes internationaux·les : Cécile Bart, Rana Begum, Ulla von Brandenburg, Jacob Dahlgren, Bernd Ribbeck, Bella Rune et Brooklin A. Soumahoro. À travers des approches et des médiums très différents, il⸱elles renouvellent l’art abstrait géométrique et interrogent sa pertinence aujourd’hui.
Une peinture hors cadre
Né en 1911 en Suède, autodidacte, Olle Bærtling commence par une peinture expressionniste sombre dans les années 1930. L’après-guerre marque un tournant décisif. Les paysages fragmentés, les villes blessées affinent son langage plastique.
Puis Paris transforme tout. Le passage dans les ateliers d’André Lhote et de Fernand Léger, la rencontre avec Auguste Herbin et son inscription au Salon des Réalités Nouvelles orientent radicalement sa pratique vers l’abstraction géométrique.
À partir des années 1950, il développe ce qu’il nomme la forme ouverte : Pas de centre, pas de fond, pas de clôture
Triangles acérés, lignes tendues, angles projetés hors champ. La toile devient un fragment d’un espace plus vaste. La peinture ne s’arrête plus au cadre, elle continue mentalement au-delà.
La couleur joue un rôle central : saturée, franche, énergique. Elle structure le regard et active l’espace.
Bærtling imagine aussi des sculptures et des projets monumentaux destinés à l’espace public. Certaines œuvres resteront à l’état de projet, mais toutes témoignent d’une ambition rare : faire de l’abstraction une architecture mentale capable d’habiter la ville.
Cécile Bart – la forme comme écran
Ses voiles translucides transforment la peinture en seuil. La couleur devient surface traversable. L’abstraction se vit physiquement, activée par la lumière et le déplacement du corps.
Rana Begum – la couleur en mouvement
Grilles, reliefs et jeux optiques composent des œuvres qui changent selon l’angle du spectateur. La forme ouverte devient expérience perceptive, presque cinétique.
Brooklin A. Soumahoro – le rythme du geste
Des milliers de triangles peints à la main créent des surfaces vibrantes. Une abstraction méditative, répétitive, qui actualise l’héritage moderniste.