Chez José Yaque, la peinture n’est pas une surface mais un phénomène. À la Galleria Continua, les murs semblent traversés par un courant chromatique intense : rouges en fusion, bleus profonds, éclats minéraux. Les œuvres débordent visuellement de leurs cadres et prolongent leur énergie dans l’espace.
Né en 1985 à Manzanillo (Cuba), formé à l’Académie « Carlos Enríquez » puis à l’ISA de La Havane, Yaque développe très tôt une pratique picturale liée à la matérialité. Sa peinture est dense, presque géologique. Les couches s’accumulent, se fissurent, se soulèvent. On y perçoit l’influence des paysages cubains — volcaniques, marins, tropicaux — mais aussi une réflexion plus abstraite sur la transformation de la matière.
Dans Vibraciones, l’exposition prend la forme d’un parcours fluide. Les couleurs semblent circuler d’une salle à l’autre, créant un mouvement continu. Le visiteur n’est plus simple spectateur : il marche au cœur d’un flux visuel. L’accrochage accentue cette sensation d’immersion, comme si la galerie devenait elle-même un lit de rivière.
Cette dimension organique n’est pas décorative. Elle renvoie à des forces naturelles : éruption, alluvion, sédimentation. Les titres de ses précédentes expositions — Magma, Alluvione, Eruzione — témoignent déjà de cette fascination pour les processus physiques.
Artiste reconnu internationalement, Yaque a participé à la Biennale de Venise (Pavillon cubain, 2017) et exposé dans de nombreuses institutions européennes et américaines. Ses œuvres figurent notamment dans les collections du Pérez Art Museum Miami et du Musée national des Beaux-Arts de Cuba.
Avec Vibraciones, il propose à Paris une expérience directe et presque tactile de la peinture. Une abstraction énergique, vivante, qui se ressent autant qu’elle se regarde.