Association Esthétique de l’Est 法国东方美学协会

Exposition photographique : Care, un acte féministe

Le 02/03/2026

Dans Loisirs à Paris

À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, la Galerie M propose l’exposition « Care, un acte féministe ». Quatre photographes y explorent la notion de care comme geste politique et artistique, à la croisée de l’intime, du corps et des luttes contemporaines.

Lieu : Galerie M, 18 rue Lally-Tollendal, 75019 Paris
Dates : Du 4 au 11 mars 2026
Horaires : Du mardi au dimanche, 14h – 19h
Entrée libre
Vernissage : mercredi 4 mars, 18h – 22h

https://galeriem.eu/expos/care.php

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Longtemps associé à une fonction sociale assignée aux femmes, le care — prendre soin — est ici repensé comme un acte de création, de résistance et d’affirmation. L’exposition réunit quatre artistes dont les pratiques photographiques relient expériences personnelles et enjeux collectifs, transformant le soin en langage visuel et politique.

Au centre du projet, Juliette Dupuis Carle envisage le care comme une force créative fondatrice. Sa photographie s’inscrit dans une démarche qu’elle qualifie de « femmage » — un hommage aux femmes et à leurs puissances partagées. À travers plusieurs séries présentées dans l’exposition (Une peau à soi, What does it mean to be free?, et Baladi waladi), elle explore la relation entre création artistique, mémoire et luttes communautaires. Ses images mettent en scène des corps et des gestes où se mêlent vulnérabilité et affirmation.

Julie Charbonnier aborde quant à elle la notion de soin à travers le rapport au corps dans la danse. Dans sa série Le Velours des ronces, la pratique chorégraphique devient un espace paradoxal où la douleur, l’abandon et la solidarité se rencontrent. Ayant elle-même un parcours de danseuse, l’artiste conçoit la photographie comme un espace de réparation, capable d’ouvrir une parole intime et collective.

La question de l’exil traverse le travail de Tina Massoumi. Réfugiée iranienne, elle développe dans sa série A Home Made of Us un projet participatif avec des femmes vivant dans la région marseillaise. Les images témoignent de la manière dont de nouvelles formes d’appartenance se construisent, non à travers des lieux fixes, mais grâce aux visages, aux gestes partagés et à une résilience commune. Le care devient ici une reconstruction collective.

Enfin, Zoé Cavaro inscrit son travail dans une expérience corporelle personnelle. Souffrant de vaginisme, elle investit l’univers de la haute montagne pour traduire visuellement la relation entre douleur, dépassement et puissance. Sa série Important de disparaître mêle poésie et critique sociale, pointant les insuffisances du système médical face aux réalités vécues par de nombreuses femmes.

Sous le commissariat de Maëlle Marvaud, l’exposition propose une lecture plurielle du care. Les approches diffèrent, mais convergent vers une même idée : prendre soin peut devenir un acte politique, un espace de parole et un outil de transformation sociale.

Présentée autour du 8 mars, cette exposition s’inscrit dans une volonté de faire entendre des voix souvent marginalisées. La photographie y devient un moyen d’ouvrir un dialogue sur les expériences invisibilisées, en donnant une place à des récits sensibles et incarnés.