Énigmatiques ou à rallonges, les noms que Louise a laissés dans les archives sont symptomatiques du mystère qui l’entoure.
Jeune ascète dévouée, folle déchainée aux hurlements d’outre-tombe ou encore misérable dévote mal jugée, les portraits de Louise sont aussi nombreux que significatifs d’une féminité déclinée en types que l’on tente de ranger dans les archives de l’histoire. Pourtant, rangée Louise ne l’est pas. Louise est une mystique, internée à la Salpetrière en 1677 pour une raison insolite : Louise exprime sa foi par le hurlement. Aux cantiques elle répond par la liturgie du cri.
Seulement, les cris – même les plus perçants – sont fugaces. Que nous reste-t-il des plaintes déchirantes et exaltées ? Pas grand-chose. Seulement une publication qui réunit quelques lettres et sa biographie écrite par son confesseur. Cette archive résume le nœud éthique inhérent à toute représentation archivistique de la folie et de l’internement : c’est le récit fantasmé d’un homme.
Comment représenter une folie qui n’est pas la nôtre, et qui n’est pas non plus celle de ceux qui la raconte ? Que faire de ces histoires, de ces regards, de ces fantasmes ? Comment ne pas tomber dans l’écueil de la représentation – toujours nécessairement fausse ?
L’heure n’est pas aux réponses mais aux fantômes - de Louise et ses amies - qui vous invitent à leur bal.